Cinq mille plantules seront mises en terre par 600 jeunes à Forêt des Pins, un site naturel de Fonds-Verettes pour la deuxième édition de Rallye Jeunesse, dans le cadre d'une initiative du réseau des écoles haïtiennes de l'Unesco.
Une délégation de 200 jeunes quitte ce vendredi Port-auPrince à destination de Fonds-Verettes pour rejoindre 400 autres déjà sur place. L'objectif ? Reboiser Forêt des Pins. Ces jeunes passeront trois jours sur le site et mettront 5 mille plantules en terre. D'autres localités de Fonds Verrettes : Dos-Gibbi, Morne Alphonse, Gros-Cheval, seront touchées.
« Les problèmes auxquels nous faisons face actuellement pèsent lourdement sur l'avenir des populations, les jeunes en particulier. Pour résoudre ces problèmes, nous devons impliquer les jeunes. L'initiative développera leur connaissance sur l'espace et son organisation. Ils apprendront à distinguer un faubourg d'une ville, une forêt d'un jardin. Le rallye est donc un apprentissage pratique. Cependant l'objectif central du Rallye Jeunesse est d'impliquer les jeunes dans la gestion de l'environnement », a déclaré Jean Coulanges, secrétaire permanent de la Commission nationale de l'Unesco.
La Forêt des Pins est en lambeaux depuis plus d'une vingtaine d'années. La couverture forestière est de 8 hectares, un quart de ce qu'elle était dans les années 1960, selon l'agronome Astrel Joseph, coordonnateur des directions départementales du ministère de l'Environnement. Les politiques désastreuses et la pauvreté ont causé la destruction de la Forêt des Pins.
« Le déboisement de la Forêt des Pins entraîne la disparition d'espèces animales rares. C'est le cas notamment pour le CaleçonRouge, considéré comme l'oiseau national vu que son plumage est aux couleurs du drapeau national. Les Charpentiers, les OiseauxPalmistes, certaines espèces de malfinis ont disparu également. Dans l'intérêt de tous et toutes, nous devons réhabiliter ce site naturel », soutient Gilbert Buteau, coordonateur du réseau des écoles de l'Unesco.
Actuellement 28 mille personnes vivent dans les zones limitrophes de la forêt. La majorité vit de l'exploitation des arbres. « Si on n'agit pas, d'ici 2016 la forêt disparaîtra. Nous avons des exemples dans le temps de sites naturels qui ont disparu. Ça c'est passé à Vallières, au Nord'Est et au Plateau central. Le problème n'est qu'on exploite la forêt. La pierre d'achoppement, c'est que ce qui est pris n'est pas remplacé. Dans beaucoup de pays, des communautés vivent dans des réserves naturelles. Les Indiens de l'Amazonie, par exemple, vivent des ressources de la forêt. Mais, l'exploitation est rationnelle, elle s'inscrit dans une perspective de développement durable. Voilà pourquoi, pour l'avenir des jeunes hommes et jeunes femmes du pays, nous devons agir pour sauver les réserves naturelles. Mais ils doivent être partie prenante de l'entreprise», conclut Gilbert Buteau